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3 poemas

Comme si je commençais à avoir peur de lui,

je l'évite

et change de trottoir

quand de loin

je le vois approcher.

Je n'ose plus le rencontrer

face à face,

je me contente de rêver.

 

Que ferais-je de lui

si cette fois

il ne me quittait plus,

et de toutes les violettes et le jasmin

qui se déposeraient en moi

s'il me quittait ?

 

Como si empezara a tenerle miedo

lo evito

y cambio de acera

cuando a lo lejos

lo veo acercarse.

No me atrevo a encontrarlo

cara a cara,

me conformo con soñar .

 

¿Qué haría yo con él

si esta vez

no me abandonara ya?

y con todas la violetas y el jazmín

que se depositaran en mí

si me abandonara?

 

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LES HABITANTS DES CONTRÉES LOINTANES

 

Le roulis du train

les abat

il dorment

assis avec tout leur dignité

appuyant leur tête

sur du verre froid ou sur leurs épaules

une secousse et leurs membres se relâchent

pour que tombent les sacs pleins

de leurs achats

ils ouvrent alors leurs yeux perdus

pour voir

qui les a surpris en flagrant délit

de fatigue manifeste

ils les referment aussitôt

enfin ce repos vole

entre fatigue et fatigue

appliqués

cette fois-ci à serrer leurs mâchoires

pour que ne tombent pas cette fois

comme des billes

leurs rêves

 

 

LOS HABITANTES DE LEJANAS COMARCAS

 

El vaivén del tren

los abate.

Duermen

sentados con toda su dignidad

apoyando la cabeza

en el cristal frío o en sus hombros

una sacudida y sus miembros se relajan

para dejar caer las bolsas llenas

de las compras.

Entonces abren sus ojos perdidos

para ver

quién los pille ? in fraganti

de cansancio muy claro,

los vuelven a cerrar enseguida,

por fin ese descanso vuela

de cansancio en cansancio

mientras se esfuerzan

esta vez en apretar las mandíbulas

para que esta vez no caigan

como canicas

sus sueños.

 

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Chaque fois on l'offre

oubliant ses anciennes douleurs

croyant qu'il va être sauvé cette fois-ci

 

On dissimule ses blessures avec de la couleur

on les décore avec des fleurs

et on le présente comme s'il était neuf

et commençait à battre

à l'instant

 

On jure

y croyant nous-mêmes

que nous n'avions jamais connu

de tels sentiments auparavant

 

tellement heureux de trouver

ce qui va

l'accepter

ce qui va

le chérir

et

peut-être

ce qui va le blesser

à nouveau.

 

 

Cada vez lo ofrecemos

olvidándonos de nuestros antiguos dolores

creyendo que esta vez estaría a salvo

 

Disimulamos nuestras heridas con algo de color

las decoramos con flores

y lo presentamos como si fuera nuevo

y comenzara a latir

en ese momento

 

Juramos

convencidos

de que nunca antes habíamos conocido

tales sentimientos

 

tan felices al encontrar

lo que va

a aceptarlo

lo que va

a quererlo

y

quizá

lo hiere

de nuevo.

 

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TROIS STROPHES À PROPOS DE LUI

© De la traducción: Jalel El Gharbi

I

 

Parce qu'il ne sent pas

toujours le musc

que souvent

il n'est pas si léger

qu'il est parfois

fatigué

et qu'il dort la bouche ouverte

 

Parce que ses cheveux blanchissent

que son ouïe s'habille de coton

et que ses os cassent

 

Parce que l'amour

vieillit

et comme nous

il meurt

 

I

 

Porque no huele

Siempre a almizcle

Y a menudo

No es tan ligero

A veces está

Cansado

Y duerme con la boca abierta

 

Porque su cabello encanece

Su oído se viste de algodón

Y sus huesos se rompen

 

Porque el amor

Envejece

Y como nosotros

Muere

 

II

 

La peau qui se ramollit

l'amour l'aperçoit

 

Les fesses lourdes

l'amour les aperçoit

 

La poitrine qui se vide

le ventre mou

et les rides de la vieillesse

l'amour les aperçoit

 

l'amour aperçoit

les dents noircies

les cicatrices, les vergetures

les imperfections

mais

il ferme les yeux

 

Se contentant

de sa propre

beauté

 

II

 

La piel que se ablanda

El amor la percibe

 

Las nalgas cansadas

El amor las percibe

 

El pecho que se vacia

El vientre blando

Y las arrugas de la

vejez

El amor los percibe

 

El amor percibe

Los dientes ennegrecidos

Las cicatrices, las estrías

Las imperfecciones

Pero

Cierra los ojos

 

Satisfecho

Con su propia

Belleza

 

III

 

L'amour aurait dû

s'agripper à une planche

pour flotter

Ou construire une arche

pour sauver ses sujets

 

Mais il est comme un voyageur toujours en partance

comme les chaussures d'un coureur

préférant s'en aller

et laisser derrière lui

fleuves,

montagnes,

chansons et imprécations

pour chercher

des nouveaux commencements

et des fins tristes

 

III

 

El amor hubiera tenido

Que agarrarse a una tabla

Para flotar

O construir un arca

Para salvar a sus subditos

 

Pero es como un viajero siempre a punto de partir

como los zapatos de un corredor

que prefiere irse

y dejar atrás

ríos,

montañas,

canciones e imprecaciones

para buscar

nuevos comienzos

y tristes finales

 

Loin du large,

ceux qui traînent sur les sables

la poussière de leurs rêves broyés

comme une farine à faire des gâteaux,

pour les églises et les mosquées qui guettent

le retour de Dieu, en lui dédiant encre, cierges et prières,

comme une amante délaissée par son seigneur,

qui a emporté avec lui les clés de son désir

rouillé par le souvenir de l'humidité et des vagues,

les habitants des rivages vont pieds nus sur la vie,

sourds et muets devant la rumeur de la mer,

et dorment, et le long de cette existence pleine de secrets,

de baleines et de houris qui rapportent des nouvelles

de marins épris des flots, ivres de la danse de leurs bateaux,

ils se bercent entre les bras de l'eau.

 

Loin du large, ils n'éprouvent plus rien,

nulle parole ne peut effleurer leurs cœurs momifiés,

il ne ressentent plus le chaleur de l'aimée

qui les étreint avec tendresse et jette des perles en leur présence

 

Que les vagues puissent enfin partir là où elles peuvent reposer.

 

Lejos de altamar,

los que arrastran sobre las arenas

el polvo de sus sueños machacados

como una harina para pasteles,

para las iglesias y las mezquitas que acechan

la vuelta de Dios, al dedicarle tinta, cirios y rezos,

como una amante olvidada por su señor ,

que se lleva consigo las llaves de su deseo

oxidado por el recuerdo de la humedad y las olas,

los habitantes de las orillas van descalzos por la vida,

sordos y mudos ante el rumor del mar,

y duermen, y a lo largo de esta existencia llena de secretos,

ballenas y huracanes que traen noticias

de marineros enamorados de las olas, ebrios del baile de sus barcos

se mecen entre los brazos del agua.

 

Lejos de altamar, ya no sienten nada,

ninguna palabra puede rozar sus corazones momificados,

ya no experimentan el calor de la amada

que los abraza con ternura y echa perlas en su presencia

 

Que las olas por fin puedan ir adonde pueden descansar .

 

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La plainte des colombes ne parvient pas aux grottes

Mais s'évanouit dans le mutisme de l'espace.

 

Il n'est point de couleur pour la souffrance

Point de couleur pour l'espérance

Le ciel absorbe les prières comme un utérus

Comme un téléphone public dans un quartier bruyant

 

La voix gémit

Se balance sur une corde fragile

Ne l'entendent ni les saints ni les anges ni les chiens

Assoupis au seuil des étables

Qui protègent les loups de la chair des agneaux

 

Midi flambe

Et l'aurore fait mal comme une paroi rugueuse, comme

Le berger des cimes perdues dans l'altitude

 

Nul espoir

Que les nuages légers deviennent le cours du vent

 

 

El rumor de las almas no llega al oído del guardia del fuego

Rompe en el cristal que nos separa, encarcelándonos en lo invisible

 

La queja de las palomas no llega hasta las grutas

Sino se esfuma en el mutismo del espacio.

 

No hay color para el sufrimiento

No hay color para la esperanza

El cielo absorbe los rezos como un útero

como un teléfono público en un barrio ruidoso

 

La voz gime

se balancea sobre una frágil cuerda

no lo oyen ni los santos ni los ángeles ni los perros

Adormecidos en el umbral de los establos

Que protegen a los lobos de la carne de los corderos

 

El mediodía arde

y la aurora duele como una pared áspera, como

el pastor de las cumbres perdidas en la altitud

 

Ninguna esperanza

que las nubes ligeras se conviertan en el curso del viento

 

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Parturition pour des victoires et de nouvelles défaites

L'aube qui naît d'une nuit endormie

Qui naît d'un instant d'éveil

Quand nous nous souvenons que nos corps ont des âmes et des noms

Et que nos âmes ont des corps et des titres.

 

Continues tentations de la vie

Pour que les humains poussent dans des jardins et des avenues

Et le troupeau de moutons pave la route qui monte au ciel

Avec des mots ajointés comme des pierres jusqu'au sommet des monts, cheval de race qui affronte la tempête

Avec des sabots polis et qui coure derrière les bandes d'oiseaux et de soupirs

Pour s'emparer de l'ombre des nuages

 

Instant où il est vain de courir derrière le halètement d'un train rapide

Instant où la prière s'abîme

Instant où naît l'espérance

 

Un homme et une femme laissés dans l'étonnement marchandent l'amour

Et posent des questions boiteuses comme celui qui a perdu son âme

Ils s emparent de la vérité

Mais ne la libèrent pas

Elle est la blessée de qui le parfum demeure à jamais inachevé

 

 

 

Parto para victorias y nuevas derrotas

El alba que nace de una noche adormecida

Que nace de un momento de despertar

cuando nos acordamos que nuestros cuerpos tienen almas y nombres

y que nuestros almas tienen cuerpos y títulos.

 

Continuas tentaciones de la vida

para que los humanos crezcan en jardines y avenidas

y la manada de ovejas pavimente el camino que sube al cielo

con palabras juntadas como piedras hasta la cumbre de los montes, de caballo de raza que se enfrenta con la tormenta

con zuecos pulidos y corre detrás de las bandas de pájaros y suspiros

para apoderarse de la sombra de las nubes

 

Momento en que es inútil correr detrás del jadeo de un tren veloz

Momento en que el rezo se abisma

Momento en que nace la esperanza

 

Un hombre y una mujer dejados en el asombro regatean el amor

Y hacen preguntas cojas como el que perdió su alma

ellos se apoderan de la verdad

pero no la liberan

ella es la herida cuyo perfume queda para siempre inacabado

 

 
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