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© De la traducción: Berta Rubio Faus
 

En réalité

 

Un beau jour de cinquante comme tous ceux

de MA GÉNÉRATION je suis tombé dans la parenthèse.

Ceux qui avant tuaient industriellement étaient

encore là : je veux dire : il y a eu un moment

dans ma vie où côtoyé par des tueurs aînés j'ai

continué à croire à l'innocence génétique.

 

Puis on s'est mis à marcher sur la lune sans

que cela modifie les axes élémentaires

du système : je veux dire : personne n'a vu

que ces petits pas là ne faisaient pas l'éloge

de l'ombre mais sortaient comme d'une fumée

familière.

 

quelqu'un s'est alors mis à recompter les

étoiles et parvenu à la tienne plus brillante que

jamais il a dit ce qu'on dit toujours en pareille

situation : je veux dire : si après les charniers

la nostalgie est encore possible ce n'est pas

une parenthèse lunaire qui arrêtera la poésie :

je veux dire : ne faudrait-il pas maintenant

qu'un mur s'écroule.

 

 

 

Un buen día de cincuenta como todos los

de mi GENERACIÓN caí en el paréntesis.

 

los que antes mataban industrialmente todavía

estaban allí: quiero decir: hubo un momento

en mi vida en el que cotejado por matadores

mayores seguí creyendo en la inocencia genética.

 

luego se empezó a andar sobre la luna sin

que eso modificara los ejes elementales

del sistema: quiero decir: nadie vió

que esos pequeños pasos no hacían el elogio

de la sombra sino que salían como de un humo

familiar.

 

entonces alguien se puso a recontar las

estrellas y llegando a la tuya más brillante que

nunca dijo lo que se siempre dice en tal

situación: quiero decir: si después de las carnicerías

la nostalgia es aún posible no será un paréntesis

lunar el que detenga la poesía: quiero decir: haría falta

ahora que un muro se caiga.

 

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Dans le couchant qui rougit ta chevelure

les SERPENTS DE L'HORIZON s'emmêlent

les peaux : je veux dire : te voilà serpentant

dans l'air incandescent et rien de ce qui fait

le jour et la nuit ne te dissipe.

 

c'est ainsi que je te rêve et te rêve à nouveau

jusqu'à ce qu'aux éléments de base s'ajoute

le travail tranquille et secret de ma

bibliothèque intime.

 

ce n'est pas facile à faire.

 

entre les blocs solides et liquides il n'y a guère

de concurrence : je veux dire : être l'un

ou l'autre n'est pas un choix.

 

mais quand ce qui est corps se déroule

dans l'âme en une lente soirée de fin d'été et

qu'une main repeint à l'intérieur ce que

l'extérieur lui soustrait c'est comme si de la

terre à l'eau et plus loin encore les porte-

paroles du dedans sculptaient statue après

statue dans le creux des nuages : je veux dire :

là-bas entre chair et os notre amour ressemble

moins aux serpents qu'à l'incandescence

rituelle qui fait et défait l'horizon.

 

En el atardecer que enrojece tu cabellera

LAS SERPIENTES DEL HORIZONTE se enredan

las pieles: quiero decir: hete aquí serpenteando

en el aire incandescente y nada de lo que hace

el día y la noche te disipa.

 

es así como te sueño y te sueño de nuevo

hasta que a los elementos de base se añade

el trabajo tranquilo y secreto de mi

biblioteca íntima.

 

no es fácil de hacer.

 

entre los bloques sólidos y líquidos hay

apenas competencia: quiero decir: ser uno

u otro no es una elección.

pero cuando lo que es cuerpo se desarrolla

en el alma en una lenta tarde de fin de verano

y una mano repinta al interior lo que

el exterior le sustrae es como si de la

tierra al agua y más lejos aún los porta

voces del adentro esculpieran estatua tras

estatua en el hueco de las nubes: quiero decir:

allí entre carne y hueso nuestro amor se parece

menos a las serpientes que a la incandescencia

ritual que hace y deshace el horizonte.

 

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Je ne me suis jamais posé la QUESTION DU

RETOUR : je veux dire : que l'on parte ou qu'on

revienne est dans la logique des choses : je

veux dire : il ne suffit pas que le voyage soit

définitif pour qu'il cesse d'être voyage.

 

quand je m'avançais vers toi ne comptait

que la distance parcourue.

 

elle était toujours constante comme si au fur et

à mesure que je marchais le sol sous mes pas

et celui sous les tiens se déplaçaient

également : je veux dire : ce qui voyageait en

nous était ce lopin de terre dont nous étions les

extrémités immobiles.

 

Nunca me hice la PREGUNTA DEL

RETORNO : quiero decir: que nos vayamos o

regresemos está dentro de la lógica de las cosas:

quiero decir: no basta con que el viaje sea

definitivo para que deje de ser viaje.

 

cuando avanzaba hacia ti sólo contaba

la distancia recorrida.

 

siempre era constante como si a medida que

andaba el suelo bajo mis pasos

y aquél bajo los tuyos se desplazaran

igualmente: quiero decir: lo que viajaba en

nosotros era ese pedazo de tierra del que nosotros

éramos las extremidades inmóviles.

 

 

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quand dans l'embrasure d'une porte que je

voudrais extérieure apparaîtra et disparaîtra ta

silhouette je recompterai jusqu'à HUIT .

 

il y en a qui s'arrêtent à sept ou a trois

d'autres vont jusqu'à douze.

 

que chacun soit le comptable de sa propre

mythologie.

 

mon huit à moi c'est deux fois quatre : je veux

dire : quand les quatre branches du bois droit

du cerf se sont plantées entre toi et moi et que

les quatre du bois gauche ont catapulté la bête

dans l'air leur somme n'était pas un calcul

prémédité.

 

je suis sûr qu'il n'y avait pas huit cartouches

dans les fusils des chasseurs à la sortie

de la ville puisque ce n'était pas encore au tour

de l'animal du dedans de mourir cette nuit-là :

je veux dire : des huit possibilités du mourir

plantées cette nuit-là entre toi et moi aucune ne

ressemblait autant à la nôtre.

 

 

cuando en el marco de una puerta que

desearía exterior aparezca y desaparezca

tu silueta volveré a contar hasta OCHO .

 

hay quien se para en siete o en tres

otros van hasta doce.

 

que cada cual sea el contable de su propia

mitología.

 

el ocho mio es dos veces cuatro: quiero

decir: cuando las cuatro ramas de la cornamenta

derecha del ciervo se plantaron entre tu y yo y

los cuatro de la cornamenta izquierda catapultaron

la bestia al aire su suma no era un cálculo

premeditado.

 

estoy seguro que no había ocho cartuchos

en los fusiles de los cazadores a la salida

de la ciudad puesto que todavía no no tocaba

al animal del adentro de morir aquella noche:

quiero decir: de las ocho posibilidades del morir

plantadas aquella noche entre tu y yo ninguna

se parecía tanto a la nuestra.

 

 

 
actualitzación octubre 2008 | contactar | resolució 800x600 | créditos